Le volet Sécurité Routière de l'OCAL

Le volet Sécurité Routière de l’OCAL trouve son essence dans un contexte assez préoccupant. Chaque année, la route tue au moins 1,2 millions de personnes

avec environ 140.000 blessées par jour dont 15.000 resteront handicapées à vie selon l’OMS. Les accidents de la route font autant de victimes que les grandes pandémies telles que le VIH/Sida, le paludisme ou la tuberculose. Ils constituent aujourd'hui la première cause de mortalité dans la tranche d'âge des 15-29 ans et la deuxième cause de mortalité dans celle des 30-44 ans. En Afrique, les conséquences de l’insécurité routière sont de réels freins à la croissance économique et au développement. Bien que le parc de véhicules de l’Afrique ne corresponde qu'à 2% du total mondial, plus de 300.000 personnes perdent la vie chaque année sur les routes africaines.

Face à cette situation, l’Afrique se mobilise dans le cadre de la «Décennie d’actions pour la sécurité routière 2011-2020» instituée par l’Assemblée Générale des Nations-Unies en Mars 2010. En effet, lors de la Conférence des Ministres Africains des Transports à Addis-Abeba (Ethiopie) en Mars 2014, les pays africains se sont engagés dans un plan d’actions pour la sécurité routière en Afrique. Un projet de Charte Africaine de la sécurité routière a été adopté par la Conférence des Ministres Africains des Transports à Malabo en Guinée Equatoriale avec pour objectif de réduire de 50 % le nombre d’accidents mortels de la route à l’horizon 2020.

Depuis, de réels progrès ont été réalisés pour améliorer la sécurité routière et préserver des vies. Des initiatives ont été prises afin de prévenir les accidents de la route : mise en place de structures dédiées, organisation de campagnes de prévention et de plaidoyer, tenue de forums locaux ou nationaux, développement de législations routières en Afrique en général et en particulier en Afrique de l’Ouest notamment en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Togo, au Bénin et au Nigéria.

Cependant, des défis persistent au niveau de l’harmonisation des politiques, de la signalisation routière, de la collecte des données, le suivi médical des accidentés, les mécanismes de secours et d’urgence, etc. C’est pourquoi l’Organisation du Corridor Abidjan-Lagos (OCAL), entité intergouvernementale mise en place en 2002 par les Chefs d’Etats des cinq pays que sont la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigéria, s’est engagée aux côté des gouvernements pour l’amélioration de Sécurité Routière à travers le programme dénommé «SaferAfrica».

SaferAfrica dans sa mise en œuvre veut faire le point de la situation de la sécurité routière dans les  cinq pays membres de l’OCAL et  créer un cadre de concertation et de discussion périodique entre l’OCAL et les différentes agences de sécurité routière de ses pays membres pour la prise de décision pour des routes plus sûres.